Identifié comme promoteur du groupe, Joseph Ngalula Mpandanjila est arrêté la veille de la saint-Sylvestre 1980. Dès le lendemain, solidarité oblige, ses autres compagnons au Parlement se constituent aussi prisonniers. Le célèbre procès « Ngalula et consorts » est ouvert. L’ émoi est général. C’est le début de la longue et glorieuse lutte des 13 Parlementaires dont l’action a marqué au plus haut point le cours de l’histoire de notre pays.
Ci-dessous la liste des 12 autres parlementaires co-signataires de La Lettre ouverte de 52 pages.
Chaque nom est un lien qui conduit au profil de la personne choisie. Nous acceptons volontiers toute information complémentaire.
Par solidarité, d’autres comme
KIBASSA MALIBA, BIRINDWA Faustin, MBWAKIEM viendront s’ajouter aux 13 parlementaires.
Témoin oculaire LUMBU MALOBA NDIBA rapporte: "Le 30 décembre 1980 alors que j’étais au Parlement, je me vis avec le collègue Kapita qui me demandait si je connaissais la réponse que le Président-Fondateur avait réservée à notre demande d’audience. Ne connaissant pas la suite réservée, en compagnie des collègues NGOY MUKENDI, KASALA et MBOMBO LONA, je pris place dans la voiture de Kapita pour aller chez Tshisekedi à la recherche des informations. Nous y trouvâmes le collègue Lusanga mais aussi le membre du Bureau Politique et du Comité Central KIBASSA MALIBA... ".
Après avoir échangé quelques informations avec Tshisekedi, Kapita nous reprit dans sa voiture. Nous nous dirigeâmes à Matonge où après avoir déposer d’autres collègues il me pria de prendre avec lui un verre de Tembo chez une de ses connaissances. Nous restâmes là-bas jusque le soir après. Au retour, le collègue Kapita conduisait à toute allure. Lorsque nous arrivâmes au centre commercial de Ma campagne, au lieu de me conduire chez moi à l’avenue de la Colline, il m’invita de voir d’abord où Ngalula était arrivé avec sa mission de demander audience auprès du Chef de l’Etat.
Dans son bureau, Ngalula nous montra le Commissaire du Peuple KATANGA en nous disant que « voilà le collègue ici est venu pour signer mais malheureusement trente minutes avant, on est venu prendre la matrice et nous en sommes là avec les exemplaires qui manquent la dernière page. Prenez-en, parce que certainement ils ne les ont pas vus ». Il nous remit à chacun 10 exemplaires.
Nous quittâmes pour ma résidence où nous nous décidâmes de rentrer chez Ngalula pour suivre la tournure de l’événement. A peine étions-nous entrés dans son bureau, nous y vîmes pénétrer des bérets verts. L’un d’eux nous dit que personne ne pouvait y sortir.
Indigné, je me présentai en ma qualité d’avocat et lui demandai s’il avait un mandat. Une personne habillée en civil me répondit qu’ils étaient venus chercher Ngalula. Ce dernier se mit à chercher ses cigarettes pendant qu’il lui était dit que d’autres cigarettes lui seraient remises là où ils l’ameneraient. Maman Georgette, son épouse, pénétra au bureau juste quand les bérets verts sortaient avec son époux sans leur permettre de s’entretenir, ce qui me révolta aussi. Le collègue Kapita me ramena une fois de plus en trombe chez moi.
Témoin oculaire LUMBU MALOBA NDIBA rapporte: "Le lendemain, le 31/12/1980, je ne me rendis pas au Parlement, car fleurant ce qui allait m’arriver en l’absence de mon épouse, je me décidai à mettre de l’ordre dans la maison, mais aussi de remettre dans différents milieux les exemplaires de la lettre ouverte. Enfin, je me mis à rédiger mon autobiographie pour ma progéniture.".
Aux informations de midi, la radio annonça que mes collègues TSHISEKEDI, MAKANDA, KANANA et KAPITA venaient de se constituer prisonniers à la présidence de la République.
Le soir, quelques amis ne connaissant pas encore cette affaire me rendirent visite afin que nous puissions fêter le réveillon de la nouvelle année comme nous l’avions fait à l’occasion de Noël. Un de mes voisins et frère, le Citoyen Odéric NYEMBO, très au parfum de l’affaire, parce que de temps à autre je lui en parlais envoya des émissaires pour me persuader de ne pas boire, car il fallait que j’aie tous mes sens avec moi au moment de mon arrestation, d’autant plus qu’un de ses amis bien introduit dans les milieux de la sécurité affirmait que LUMBU sera maltraité à cause de son langage excessif.
Le premier jour de l’an 1981, je me rendis chez Lusanga pour avoir de ses nouvelles et examiner ensemble notre position sur la tournure que venait de prendre ce problème. Son épouse, maman Marie Nkongolo, me dit « que son mari se trouvait déjà aux arrêts depuis la veille. S’étant rendu au Parlement, il avait pris place abord de la voiture de Citoyen Ngalula qui l’avait amené au Mont-Ngaliema ».
Je rentrais chez moi en m’abritant d’un lieu à un autre pour éviter d’être enlevé en cours de route. Ayant entendu la radio annoncer la constitution de Lusanga en qualité de 5ème prisonnier, je pris la décision ferme de participer le lendemain à la séance de clôture de la session parlementaire avant de me rendre moi-même au Mont-Ngaliema.
Le 2 janvier, je me présentais au Parlement avec ma malette contenant le nécessaire pour un détenu dont : un essui-mains et une brosse à dent. Avant la séance, j’écoutais des opinions divergentes de certains Commissaires du peuple. Mon aîné KALUME me disait qu’au Mont-Ngaliema Tshisekedi et ses amis s’entraccusaient.
A l’agence de la Banque de Kinshasa où je voulais retirer mes émoluments, rien ne me fut accordé. Je ne pouvais donc rien laisser à mon épouse se trouvant dans mon Shaba natal avec nos trois très jeunes enfants dont mon bébé d’un mois, ni aux jeunes gens, Véronique, Lucie, Médard, Edmond et Séraphin qui habitaient à ma résidence kinoise.
La séance de clôture de la session connut l’ajout d’un autre point à l’ordre du jour à savoir, la levée de l’immunité parlementaire des Commissaires du Peuple signataires de la lettre ouverte au Président MOBUTU.
Pendant la séance, je pris contact avec le Président de la commission Parlementaire du Shaba, le citoyen KABIMBI NGOY pour lui demander d’assurer ma défense. Ce dernier au contraire me condamnait d’avoir évolué en dehors des structures shabiennes.
Le vote de la levée de l’immunité se clôtura par l’acceptation par la majorité, quelques voix contre et quelques abstentions dont la mienne.
Je m’abstenais avec comme objectif d’avoir la parole pour m’expliquer devant l’assemblée. Evidemment, lorsque la parole me fut accordée, j’expliquai que contrairement à ce qui était dit, la lettre ouverte n’était pas des injures à l’égard du Président-Fondateur du MPR mais plutôt une analyse de la situation politique, économique et sociale de notre pays. J’affirmais que j’avais apposé ma signature en âme et conscience et que pour l’amour de mon pays, j’acceptais toutes les conséquences dont la mort. Il se racontait qu’à cause de ma franchise j’avais blessé beaucoup d’amour propre et qu’il était question qu’on me fasse énormément souffrir en me crevant les yeux, casser les bras ou arracher les dents ! Comme Lumumba, je me présentais pour être martyrisé. Je conclus pourtant en disant « adieux, adieux mes collègues, peut être au revoir ».
La salle était très touchée. Certains collègues surtout du sexe faible laissaient couler leurs larmes.
A la sortie de la salle, plusieurs vinrent m’encourager et pendant le cocktail le Président NZONDOMYO me dit qu’il ferait tout pour que rien de mauvais ne m’arrive et que je conserve ma qualité de Commissaire du Peuple.
Un collègue shabien, Ngoy INGO me prit pour prendre place à bord du même véhicule que le Commissaire du Peuple Freddy MULONGO. Nous nous dirigeâmes aux appartements de Freddy Mulongo afin que nous passions un en revue la situation. Je me mis de là, en contact téléphonique avec Lucie pour lui faire quelques recommandations de ce qu’elle devait faire à la maison. En effet, je venais d’apprendre que dans sa déposition Paul KAPITA avait déclaré que je détenais des exemplaires de la lettre ouverte. J’attendis dans cet appartement jusqu’au moment où un exemplaire de la lettre ouverte m’avait été apporté. Je pris alors place à bord d’une voiture taxi qui me déposa à la Cité de l’OUA où je fus reçu par l’Avocat général ANGELETE. Ce dernier m’entendit spécialement sur les exemplaires de la lettre ouverte que je devais lui remettre. Lui tendant un exemplaire, il affirmait que Kapita avec lequel j’avais bu la Tembo la veille, lui avait dit que j’avais retiré beaucoup d’exemplaires. Je lui répondis que Kapita n’était pas habitué à prendre la Tembo et qu’il était certainement sous l’effet de la boisson quand il avait confondu un exemplaire à plusieurs.
Le haut magistrat Angelete me demanda de rentrer chez moi reprendre les exemplaires qui s’y trouvaient encore et me représenter le lendemain matin.
Tard dans la nuit, les épouses de Lusanga vinrent me voir et me demandèrent avec ironie comment étais-je encore chez moi à la maison au lieu d’être avec mon ami Lusanga, à qui j’étais allé remettre le document à signer ! Je rassemblai toutes mes forces pour leur dire que je revenais de la Cité de l’OUA et que le lendemain matin j’y retournerais. Le lendemain je fus confronté à Kapita qui, heureusement, ne me contredit pas sur le nombre d’exemplaires que je déclarais avoir emporté.
Il me fut encore demandé de renter chez moi pour revenir le lendemain et cela d’une manière régulière. Je me présentai tôt le matin pour être autorisé à regagner ma résidence tard la nuit. J’étais exposé à tous les dangers dans les parages de la Cité de l’OUA.
Une nuit, un haut magistrat m’avait prit dans sa voiture sur la route pour me laisser à Kintambo à l’entrée de l’avenue de Ma Campagne.
Le 6 janvier 1981, à mon retour à la maison, je trouvai mon épouse qui venait de rejoindre Kinshasa avec dans ses bras, notre bébé Lumbu Tagamanga Pitshou qui avait à peine un mois seulement. Je m’entretins avec elle sur ce problème grave qui venait d’arriver et remis l’avenir de la famille dans les mains de DIEU.
Retourné à l’O.U.A., le 7 janvier 1981, je fus interné dans une chambre de la villa n° 29 et appris que le Président MOBUTU venait de signer le texte voté par les parlementaires au sujet de la levée de l’immunité des 13 parlementaires signataires de la lettree ouverte au Président Mobutu.
Mes autres collègues signataires qui ne s’étaient pas encore présentés à la Justice avaient été arrêtés et internés aussi à la cité de l’OUA à partir de ce jour. Je reconnaissais de loin dans une chambre en face de la mienne, le collègue KASALA et j’étais étonné de constater que le collaborateur du collègue Tshisekedi, le citoyen BELENGANAY et son fils étaient aussi en détention.
Le premier entretien avec le Président Mobutu eu lieu à Gbadolite le 21/03/87. Il découlait d'une initiative des parlementaires du Kasai Oriental qui avaient été aux rencontres du lac Mukamba avec le Gouverneur Mpambia recherchant une négociation avec le Président Mobutu. Pour plusieurs sujets abordés par le fondateur Tshisekedi, le Président s’énervait alors qu’il était à l’aise sur ce que disait le doyen Ngalula quoique non différent.
Finalement, le Président Mobutu, s’inspirant de l’exemple du Parti socialiste français dit accepter que l’UDPS s’organise en tant qu’une tendance au sein du MPR, qu’il pouvait même amener à changer et qu’en sa qualité de garant de la constitution, il était obligé de la défendre afin qu’elle ne soit pas violée. Comme la constitution proclamait que le MPR était un parti Etat, nous ne pouvions donc pas nous trouver hors du MPR et être zaïrois, avait-il conclu.
Après une séance de travail entre Ngalula, Kibassa, Tshisekedi, Kanana, Birindwa, Lusanga et Lumbu, la majorité rejeta la recommandation de diluer l’UDPS dans le MPR et fit remarquer n’avoir pas été mandaté par la base pour prendre une telle décision et que comme fondateurs ils étaient une minorité.
Toute la nuit le Gouverneur Mpambia fit pression prétendant que la décision négative contrariait son mandat et la vie de ses enfants, ce dont le fondateur Tshisekedi lui répondit expressément que nous aussi, nous avions des enfants et que notre préoccupation avait trait aux problèmes du pays et non à la vie des enfants soient-ils les nôtres.
Le résultat de la délibération avait abattu le doyen Ngalula qui se préoccupait de la survie de ses collegues et de leurs familles surtout ceux qui traversaient des conditions beaucoup plus atroces que d'autres. Lumbu avait soutenu par une intervention fracassante la continuation de cet état là qui exposait davantage à la perte éventuelle de la vie.
Lumbu et d'autres préféraient se désengager seul et non tous au nom du parti qui devait continuer son existence pour le triomphe de la démocratie et le progrès social. Les autres avaient aussi souligné « qu’il était impossible de se prononcer au nom de ceux qui ne nous avaient pas donné leur mandat et que le mieux serait de laisser le Collège des fondateurs de l'UDPS se réunir pour statuer valablement sur ce cas.”
Lumbu fut taquiné sur l’effet de son intervention vue comme la cause de la maladie du doyen Ngalula qui gardait son lit parce que sa tension marquait 23°. Lumbu se rendit au chevet de ce dernier et lui présenta ses excuses sur le radicalisme de son intervention qui devait lui avoir fait mal. Le doyen le rassura qu’il ne regrettait pas et que Lumbu ne pouvais pas se tracasser sur cela car l’intervention était bonne.
Bien évidemment, on leur rapporta que le Président Mobutu n’allait plus les recevoir et qu’il était tout furieux parce qu’informé par ses collaborateurs du résultat négatif de leur délibération. Désormais, on ne parlait plus de leur libération, mais du renforcement des mauvaises conditions de leur détention selon qu'il faisait l’objet d'une mesure administrative d’éloignement dans leur localité d’origine ou se trouvait dans un cachot.
La grande partie de la population avait très peur d’affronter le pouvoir. A quelques exceptions près, le sacrifice des 13 et de ceux qui les soutenaient passait dans l’indifférence totale et parfois dans la moquerie. Après le décès du fondateur Anaclet Makanda, la question de mourir martyr anonyme pendant que la famille dehors luttait aussi pour sa survie devenait de plus en plus urgente.
Un officier boureau dit un jour à Lumbu “ Notre pays a déjà connu beaucoup de martyrs anonymes et ce n’est pas de cela qu’il a besoin pour connaître le changement. Evitez de grâce de devenir un martyr inutile alors que vous auriez mieux servi le pays et votre famille en étant vivant. Au niveau où vous êtes arrivé, devenez plutôt un héros au lieu de mourir martyr, s’il vous arrivait de mourir maintenant ici à Kalemie vous ne serez malheureusement qu’un martyr anonyme !”
Lumbu comme d'autres se rappelaient certains moments de leurs vies où pour arriver à leurs objectifs, ils avaient accepté de se faire violence en acceptant de s’humilier. Joseph Ngalula avait conclu que l'insecte qui mange la graine le fait de l'intérieur de la graine. Ainsi, puisque le Président indiquait un changement de la constitution, il fallait travailler de l'intérieur pour y arriver et finalement faire vaincre l'UDPS. Une capitulation ne fut jamais considérée comme acceptable. Cependant, un changement de stratégie devenait nécessaire.
Lumbu Maloba explique: "je racontais l’anecdote de la lettre et de l’enveloppe. En effet, considérant la lutte pour la démocratie comme un message à faire parvenir au peuple et le parti politique comme une enveloppe. Souhaitant glisser mon message dans une enveloppe par avion que malheureusement je ne savais pas me procurer à cause du coût élevé, je me trouvais obligé à l’envoyer dans une enveloppe kaki au lieu de me retrancher derrière le manque d’enveloppe par avion. Par cette anecdote, je voulais rassurer ceux qui pensaient que j’avais cessé le combat pour la démocratisation de notre pays qu’il n’en été pas ainsi mais plutôt que j’allais continuer la lutte pour la démocratie et le progrès social en dehors de l’UDPS. En ayant écrit au Président Mobutu une note par laquelle je me ralliais à sa proposition du 21 mars 1987 lorsqu’il nous avait reçus à Gbadolite, je voulais recouvrir ma liberté pour concilier mes obligations familiales à celles de l’Etat."
Ainsi, Lumbu et tous ses collègues finirent par accepter la signature du document dont le contenu ci-dessous avait été par après, publié dans beaucoup de journaux dont le mensuel « LA VERITE » dans son édition du 8 janvier 1991 :
Mbujimay, le 17 Juin 1987
Objet : Réintégration au MPR
Au Citoyen Président-Fondateur du MPR, Président de la République
A KINSHASA/NGALIEMA
Citoyen Président- Fondateur
Nous soussignés KIBASSA MALIBA, NGALULA MPANDANJILA, TSHISEKEDI wa MULUMBA et MPINDU MBWABWA, avons examiné librement et consciencieusement l’ensemble des problèmes qui se posent à notre groupe.
De nos débats, il s’en suit que le groupe a adhéré aux principes suivants :
L’oubli du passé ;
L’affirmation et le respect de la diversité d’opinions de même que la nécessité de la mise en œuvre de l’exercice de cette liberté et de sa libre expression, mais au sein du Mouvement Populaire de la Révolution ;
Le respect du chef et de l’Unité nationale.
Ainsi donc, le groupe accepte de se mettre sous l’empire de l’article 33 de la Constitution pour œuvrer dignement et librement dans le sens du renforcement de la pratique démocratique et de l’Unité nationale.
Veuillez agréer, Citoyen Président-Fondateur du MPR, l’expression de nos sentiments patriotiques.
Les Signataires :
Signé/ NGALULA MPANDANJILA Signé /KIBASSA MALIBA
Signé/ MPINDU MBWABWA Signé /TSHISEKEDI wa MULUMBA
Source: Inspiré par l’ouvrage : PROTAIS LUMBU 4. «Mon apport dans le Triomphe de la démocratie multipartiste’ »
Le jour même de la signature des Accords de Gbadolite, Etienne Tshisekedi commencait à dire qu'il avait signé juste pour retrouver sa liberté. Il soutenait que les activités de l’UDPS se poursuivaient comme avant les accords de Gbadolite alors que Ngalula, Premier Vice–Président de l'UDPS originelle exigeait le respect des accords de Gbadolite en ce que le parti UDPS était devenu une tendance au sein du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR) en attendant le changement de la constitution face à laquelle tout autre parti politique se trouvait dans l'illégalité et en confrontation directe avec le Président Mobutu(Ce changement de la constitution eut lieu en 1990).
Demandant à Mobutu un voyage à l'étranger pour des soins médicaux, Tshisekedi finit, après son départ, par rejeter et bafouer l'accord signé. Par la suite, à son retour au pays, il organisa une réunion publique non autorisée, au mépris non seulement de l'accord signé, mais aussi du respect et le préavis qu'il aurait dû donner à tous ses collègues du Collège des fondateurs de l'UDPS.
Les efforts de Ngalula pour obtenir des explications sont restés vains. Etienne Tshisekedi disait avoir pris sa liberté comme pendant la période de relégation où chaque fondateur s’assumait lui-même. Il finit par être arrêté, et lorsque Ngalula fut ensuite sollicité pour aider à négocier sa libération, Ngalula déclara qu’il ne pouvait pas être en même temps chair et poisson, déclaration qui irrita la majorité des fondateurs(lire plus de détails sur la page Q/R dans le menu ci-haut).
Cette situation chaotique amena rapidement à la dislocation et à l'éclatement du noyau qui avait en 1980 travaillé dans l'unité pour produire les 52 pages. Beaucoup plus triste, lorsque deux "éléphants" se battent, le peuple en souffre. Tant d'années perdues au conflit politique entre Mobutu et Tshisekedi. Pourtant, l'art de négocier calmement et utilement est un atout et non pas un désavantage. De plus, en politique, il est parfois nécessaire de reculer un peu avant de faire un bond de géant en avant.
Malheureusement, la question du respect ou du non respect des accords de Gbadolite en juin 1987 dont ils étaient tous libres signataires, créa finalement une rupture permanente entre Etienne Tshisekedi et Joseph Ngalula Mpandanjila.
En 1988, Ngalula se voit accusé par Etienne Tshisekedi et ses pairs de trahison et est exclu du parti qu'il avait formé et nommé.
Interrogé, le doyen déclara n’avoir jamais été saisi de griefs mis à sa charge, ni obtenu le droit de fournir ses moyens de défense, comme le prévoient les statuts du parti UDPS.
"Il est dommage, disait-il souvent, que le parti se soit délibérément écarté des valeurs démocratiques pour lesquelles ses fondateurs avaient longuement lutté."
Pour Ngalula, c'était presque revivre le même sort que connu le MNC. Malgré tout, Joseph Ngalula mit à profit la période de transition de 2 ans en travaillant avec le Parlement, le Comité Central du MPR, la Présidence pour faire aboutir la nouvelle constitution ainsi que la Conférence Nationale Souveraine qu'il demandait depuis 1980. Il veilla aussi à ce que ceux qui l'avaient soutenu et avaient injustement perdu leur travail ou leurs biens durant la fameuse période de correction civique étaient dédommagés autant que possible. Il fit aussi des voyages pour expliquer à la population les changements en cours et les préparer au multipartisme.
Il faut noter que la constitution qui fut décriée avait eu, une décénie plus tôt, parmi ses auteurs Etienne Tshisekedi alors que Joseph Ngalula s’était abstenu de jouer un quelconque rôle dans tout le processus de création, de consolidation et d’institutionnalisation du MPR Parti-Etat.
Sachant par son expérience à l'aube de l'indépendance que la démocratie est une arme délicate à manier, Joseph Ngalula Mpandanjila voulait que la lutte victorieuse pour enterrer le monopartisme et rétablir les libertés fondamentales soit épargnée des maladies infantiles des années 1960 liées à l'installation de la démocratie pluraliste.
Plusieurs questions soulevées ainsi que plusieurs conclusions utiles pour le futur de notre pays peuvent resortir de cette histoire fascinante et bien poignante. Chacun va devoir faire son labeur sur toute cette histoire tumultueuse de notre pays. Cependant, on peut constater que depuis 1980, nous avons eu quatre présidents différents et plusiers gouvernements qui ont promis beaucoup de choses. Le Parti politique UDPS est enfin au pouvoir depuis environ 8 ans.
Certes, la grande partie de la population continue de vivre dans des conditions encore plus infrahumaines que ce que Ngalula Mpandanjila craignait en 1980 lorsqu'il écrivait dans les conclusions des 52 pages:
"Nous devons opérer un changement profond et immédiat avant qu'il ne soit trop tard!".
Un peu partout, la réalité ne montre pas que le pouvoir donne la priorité au peuple: L'insalubrité publique, la malpropreté, la corruption, les détournements des fonds, le nombre infini de trous dans la plupart des routes surtout dans la capitale ainsi que les inondations fréquentes qui ne sont pas gérées, le désordre total du traffic routier, les constructions anarchiques, l'urbanisation sauvage, les nombreux déchets plastiques ou autres un peu partout, les canalisations d'eaux usées bouchées et à ciel ouvert, les moustiques sans repis, les maladies éradiquées presque partout au monde continuent à terrasser beacoup plusieurs fois par an, la fraude immobilière généralisée, la pauvreté omniprésente, le cri de la malnutrition de beaucoup, la forte disparution des parcs et espaces verts dans les grandes villes, l'oubli de la sécurité routière des piétons et des handicappés, les salaires impayés ou trop bas pour la plupart des travailleurs, les projets agricoles et industriels bafoués, le viellisement avancé de plusieurs maisons et édifices, les rémunérations à outrance des politiciens et de leurs familles qui monopolisent souvent les opportunités des marchés publics, les projets de développement à progression trop lente, etc. Toute cette réalité qui saute aux yeux nous incite à nous interroger avec beaucoup d'anxiété sur le devenir de notre pays.
Y-a-t'il vraiment dans ce pays suffisamment de fonctionaires compétents, actifs et imbus du devoir patriotique au service du peuple et non de l'argent facile? Une administration sérieuse et efficace est-elle vraiment en action? Un progrès intégral centré sur le transport confortable et sécurisé des biens et des personnes est-il recherché? Le développement humain est-il vraiment à l'ordre du jour? La paix en RDC se discute-t-elle toujours? Vaincre, c'est ne pas bafouer ce labeur sacré!
Nous voulons faire un effort sincère pour reconnaître et honorer les alliés et nous avons consacré une page à cet effet.
Le doyen, dont le profil séparé est accessible dans le menu, s'était organisé pour avoir des alliés dans l'ombre afin de prendre soin des familles et de diffuser la nouvelle de leur arrestation dans le pays et à l'étranger. Ces alliés n'ont pas déçu et les pionniers leur en seront éternellement reconnaissants.