Au cours de ma longue lutte, j’ai eu à accepter autour de moi des barons du Parti-Etat, pour peu qu’ils fussent convertis à l’idéal démocratique. Je ne pouvais admettre, comme effective et sincère, la conversion de ceux-là, et douter, à priori, de celle des autres. - Joseph Ngalula Mpandanjila
Etienne Tshisekedi(14 décembre 1932 – 1 février 2017) a été l'un des principaux leaders de l’opposition congolaise depuis 1980. Il est certainement le plus populaire.
Bien qu'il ait servi dans le gouvernement de Mobutu Sese Seko à
divers postes clés entre 1965 et 1980, il a également mené une farouche campagne contre Mobutu après sa conversion à l’idéal démocratique sous l'influence de son Doyen Joseph Ngalula Mpandanjila qui avait initié et dirigé
tout le processus de la rédaction des 52 pages.
Cependant l'honneur de vaincre le dictateur Mobutu reviendra à Mzee Laurent Kabila qui réussit son incroyable coup d'état en 1997.
Certes, le Président Mzee Laurent Kabila fut assassiné en 2001 et remplacé dix jours plus tard par son fils Joseph Kabila qui dirigea le pays jusqu'en 2018.
Etienne Tshisekedi refusa d'entrer dans le gouvernement de Joseph Kabila, ou dans le gouvernement précédent de Mzee Kabila, les trouvant pire que Mobutu.
Joseph Ngalula Mpandanjila considérait depuis le début qu'il était important d'obtenir le soutien
d'Etienne Tshisekedi et il était très ravi de cet exploit.
Ainsi, de la même manière qu'il avait juste avant 1960 recruté Patrice Lumumba au parti Mouvement National Congolais (MNC), de la même manière il avait recruté Etienne Tshisekedi au projet de
la Lettre Ouverte et au projet du parti UDPS.
Certes, la question du respect ou du non respect des accords de Gbadolite en juin 1987 dont ils étaient tous libres signataires, créa une rupture permanente entre les deux.
Etienne Tshisekedi soutenait que les activités de l’UDPS se poursuivaient comme avant les accords de Gbadolite alors que Ngalula, le Premier Vice–Président de l'UDPS de départ exigeait le respect
des accords de Gbadolite en ce que le parti UDPS était devenu une tendance au sein du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR) en attendant le changement
de la constitution face à laquelle tout autre parti politique se trouvait dans l'illégalité et en confrontation directe avec le Président Mobutu(Ce changement
de la constitution eut lieu en 1990).
Etienne Tshisekedi disait aussi avoir pris sa liberté comme pendant la période de relégation où chaque fondateur s’assumait lui-même. Cette situation chaotique conduit rapidement à la dislocation
et à l'éclatement du noyau qui avait en 1980 travaillé dans l'unité pour produire les 52 pages.
Pour Ngalula, c'était presque revivre le même sort que connu le MNC. Malgré tout, Joseph Ngalula mit à profit la période de transition de 2 ans en travaillant avec le Parlement,
le Comité Central du MPR, la Présidence pour faire aboutir la nouvelle constitution. Il veilla aussi à ce que ceux qui l'avaient soutenu et avaient injustement perdu leur
travail ou leurs biens durant la fameuse période de correction civique étaient dédommagés autant que possible. Il fit aussi des voyages pour expliquer à la
population les changements en cours et les préparer au multipartisme.
Etienne Tshisekedi a été emprisonné et torturé à plusieurs reprises par le gouvernement de Mobutu. En 1989, plusieurs cas de sa détention ont été qualifiés d’illégaux par le Comité des droits de l’homme des Nations Unies.
Est devenu Premier ministre à trois reprises. Le premier mandat a duré moins d'un mois en octobre 1991, le second environ sept mois
(15 août 1992 – 18 mars 1993) et le troisième n'a duré qu'une semaine (2 avril 1997 – 9 avril 1997). À chaque fois, Etienne Tshisekedi a affirmé
que Mobutu l’avait empêché de fonctionner correctement.
En avant d'au moins un des ses mandats, on retrouve dans les coulisses, Joseph Ngalula Mpandanjila facilitant
les négociations pour cette nomination avec espoir que le nouveau gouvernement puisse se mettre rapidement au travail afin de sortir le peuple des conditions de plus en plus infrahumaines.
Sachant par son expérience à l'aube de l'indépendance que la démocratie est une arme délicate à manier, Joseph Ngalula Mpandanjila voulait que la lutte victorieuse pour enterrer le monopartisme et
rétablir les libertés fondamentales soit épargnée des maladies infantiles des années 1960 liées à l'installation de la démocratie pluraliste.
Ainsi, il souhaitait vraiment que la cohabitaion Président de la République et Premier Ministre ne soit pas aussi problématique que ce qu'il avait personellement observé 30 ans plus tôt entre
le Président Kasavubu et le Premier Ministre Patrice Lumumba ou encore entre lui et Kalonji Mulopwe dans le contexte du Sud-Kasaï que lui voulait une province alors que Kalonji voulait un Etat autonome
dirigé par un 'Empereur-Président'.
Ngalula craignait aussi les conséquences sur le plan politique, économique et social dans tout le pays en général et au Kasa-Oriental en particulier.
Malheureusement, peu de temps après, une campagne d'épuration ethnique fut déclenchée contre les populations kasaïennes vivant au Katanga causant la mort et l'exode des milliers de personnes.
En guise de protestation face à la complicité du Président Mobutu et de son gouvernement, Joseph Ngalula abandonna son poste de Conseiller Personnel du Chef de l'Etat, fonction
qu'il accepta en octobre 1992.
En 2011, Etienne Tshisekedi lance sa candidature à la Présidence de la République et rejeta les résultats annoncés par la CENI. Plusieurs autres candidats de l’opposition ont déclaré que Etienne Tshisekedi avait effectivement remporté l’élection et l’avaient reconnu comme vainqueur. Cependant, la Cour suprême du pays décida que le Président Kabila était le vainqueur.
En 2018 and 2023, son fils Félix Antoine Tshisekedi remporta les élections présidentielles. Certes, son père mourut en 2017 et n'eu pas la joie et la fierté de voir le fruit remarquable et la glorieuse victoire de la lutte qui avait commencé en 1980 à l'initiative de Joseph Ngalula Mpandanjila.
Fidèle à la pensée et à l'exemple de notre père qui disait "il ne faut pas être contre le succès des autres", nous félicitons notre Président ainsi que toute la famille Tshisekedi pour leurs belles victoires bien méritées!