Au cours de ma longue lutte, j’ai eu à accepter autour de moi des barons du Parti-Etat, pour peu qu’ils fussent convertis à l’idéal démocratique. Je ne pouvais admettre, comme effective et sincère, la conversion de ceux-là, et douter, à priori, de celle des autres. - Joseph Ngalula Mpandanjila
Né en 1948, il est notamment connu pour avoir été l'un des 13 parlementaires qui, en novembre 1980, ont signé une lettre ouverte critique envers le régime de Mobutu, une action considérée comme la première protestation non violente contre le pouvoir depuis son accession au pouvoir en 1965. Cette lettre, de 52 pages, a été publiée dans la presse internationale, provoquant un grand tapage médiatique. En réaction, le président Mobutu a fait arrêter le meneur du groupe, Ngalula Mpandanjila, le 30 décembre 1980. Le lendemain, Kanana Tshiongo, ainsi que d'autres signataires comme Etienne Tshisekedi, se sont présentés à la Cité de l'OUA pour demander leur propre arrestation en solidarité, et ont été arrêtés.
En mai 1989, Kanana Tshiongo a été arrêté par les forces de défense zaïroises et conduit au siège de l'Agence Nationale de Documentation (A.N.D.), une branche spéciale de la police politique. Il a déclaré avoir été retenu sans motif, attaché au sol d'une cellule, torturé par des chocs électriques appliqués à ses parties génitales, battu avec des barres métalliques enroulées de fil de fer barbelé, et laissé pour mort près d'une route. Il a ensuite porté plainte auprès de la Cour suprême du Zaïre, sans suite.
En 1989, il a déposé une communication auprès du Comité des droits de l'homme des Nations Unies, en vertu du Protocole facultatif de la Convention internationale sur les droits civils et politiques. Le Comité a rendu ses avis en novembre 1993, concluant que son arrestation et sa détention étaient arbitraires, violant l'article 9(1) de la Convention. Il a également conclu qu'il avait été victime de torture et de traitements cruels et inhumains, en violation des articles 7 et 10(1), et qu'il n'avait pas été traité avec le respect de sa dignité inhérente. Le Comité a exprimé une grave préoccupation quant aux circonstances de son arrestation et au manque de responsabilité judiciaire des forces de défense zaïroises. Il a recommandé que Kanana Tshiongo obtienne un recours utile et une réparation appropriée.
Source: https://www.globalhealthrights.org/kanana-tshiongo-a-minanga-v-zaire/